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C’est le même ? Oui c’est le même artiste ! Pour ceux qui ne connaissaient pas Scanreigh il a fallu préciser, bien évidemment… d’autant plus que les étapes intermédiaires du travail n’étaient pas présentes. Ce n’est pas le moindre mérite de la galerie Metamorphik que d’obliger a reparler du grand écart esthétique de Scanreigh.

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Les drapés abstraits des années 70 dont on voit ici des exemplaires au rez de chaussé sont vite devenus la « signature » du premier Scanreigh. Mais avec le temps leur mode de réalisation, très systématique et procédural, a poussé l’auteur à chercher une issue. Celle qu’il trouve au début des années 80 va le faire entrer à la dérobée dans le camp des néo-figuratifs et des néo-expressionnistes. Scanreigh n’en partage pas leurs références (le corps exacerbé, la BD, l’art de la rue, etc.) mais en partie leur contestation du minimalisme et du conceptuel. Pendant plusieurs années la mue qu’il opère procédera paradoxalement encore d’un regard matérialiste sur le « faire» dans la ligne du mouvement ”Supports/Surfaces” pour qui l’objet de la peinture est le fait pictural en tant que tel : la fabrique de l’art à l’exclusion de l’expressivité subjective… que la génération « néo » remet précisément en avant.
Un point de rencontre crucial avec les controverses esthétiques du moment se joue pour Scanreigh sur le terrain de l’édition d’art où il sera particulièrement actif. Ce sont les différentes techniques de l’estampe, leurs outils qui le font s’intéresser au trait, au dessin, au figurable. Elles lui fournissent un répertoire de tracés et de formes en attente de « quoi représenter ». Au début « le moins possible » comme par fidélité à un surmoi minimaliste mais déjà discrètement en butte avec le langage de la sculpture qu’il pratique à la charnière des années 70/80. De par les matériaux de récupération utilisés, cette sculpture est une proto-figuration. Scanreigh trouve que ses assemblages de férailles hirsutes « font des dessins dans le vide ». Degré zéro de la représentation peut être, mais ce sont ces sujets « insignifiants » nourris de la leçon stylistique des techniques de l’estampe qui vont contraindre l’espace des tableaux et faire de la peinture de Scanreigh ce qu’elle est aujourd’hui.

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Si tout a beaucoup interagi au moment de la confluence des trois disciplines, sculpture, gravure, peinture, la démarche globale ne s’est pas enlisée dans l’auto-référence. C’est le dessin qui en est sorti renforcé tirant le regard du peintre vers le monde extérieur, les représentations de l’art, la photo et l’ordinaire de la vie.
On peut dire que l’exposition à Sainte Foy-lès-Lyon met en valeur ce qu’une trajectoire peut avoir d’extrême chez un artiste.

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