Les trajectoires amicales ont parfois de surprenants aboutissements. Celle de Scanreigh avec Jean Bauer a pris la forme d’un instrument de musique. Il y eut d’étranges prémices à cette histoire comme lors de cette performance de Scanreigh en 1975. C’était devant le public de la galerie ”La Main Bleue” à Strasbourg. Au rythme de la musique, Scanreigh couvrait d’empreintes des feuilles de papier à l’aide d’un tampon sonorisé. Dans le public, il y avait Jean Bauer et sa femme Rozenn, collectionneurs militants du jeune artiste. Après Strasbourg, les chemins de chacun ont fait de grands méandres via l’Afrique et des villes aussi opposées sur la carte de France que Lyon et Bordeaux. Scanreigh n’a même pas su que Jean avait acheté un clavecin en kit (une synthèse de trois facteurs français du XVIIIe siècle, Taskin, Blanchet et Hemsch conçu par Hubert Bédard ) et qu’il s’était mis à l’assembler avec une patience d’entomologiste.
En 2006, Jean Bauer propose à Scanreigh de faire un décor pour l’intérieur du couvercle de l’instrument. Ce qui fut fait.

clavecin

Puis les années se sont enchainées pendant lesquelles l’assemblage se poursuivait ainsi que les innombrables réglages nécessaires pour faire accéder l’objet au rang d’instrument de musique.



clavecin

Parcours semé d’embûches mais passionnant pour le musicologue, musicien et ancien professeur de musique qu’est Jean Bauer.

clavecin

2013 est l’année de l’aboutissement. Non seulement l’instrument est parfaitement « jouable » mais il est aussi « présentable » peint des pieds à la tête par les soins de l’instrumentiste qui a assorti le coffre du clavecin au décor intérieur du couvercle. Pour entendre le créateur et sa créature, il fallait être à l’inauguration à la galerie MLS de Bordeaux le samedi 19 octobre 2013
… en attendant la suite !