En plein concert d’hommages à Charpak disparu, je sors cette photo-souvenir avec moi en petite souris entre un gamin et le grand homme. C’est à Vaulx-en-Velin (banlieue lyonnaise qui vaut mieux que sa réputation) lors de l’inauguration en 1999 d’une structure où j’ai oeuvré pendant presque trois ans au service de la vulgarisation scientifique.

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Charpak en présidait le conseil scientifique car on y appliquait en gros la méthode qu’il a importée des Etats Unis, une pédagogie pratique réformant l’enseignement des sciences et convenant mieux aux enfants des milieux défavorisés.
Avec le soutien de l’Académie des Sciences, Charpak a adapté la méthode à l’enseignement primaire et secondaire français sous le nom main à la pâte. Vaulx en Velin qui était (et reste sans doute) une ville pilote de cette pédagogie avait en outre soutenu la création d’une salle d’expérimentation scientifique ouverte à tous les publics.
Toutes ces initiatives en faveur de la base m’ont rendu Charpak évidemment sympathique, mais vu de près, à part la poignée de main et les quelques propos échangés, j’ai un autre souvenir de lui : une discussion avec les jeunes animateurs (diplômés universitaires et totalement acquis à l’esprit main à la pâte), où venait de surgir la question du nucléaire civil en même temps que certaines réserves de leur part. J’ai vu un Charpak implacable et cassant les rembarrer sans appel, ce qui déparait quand même avec la philosophie du lieu, prônant le doute scientifique et l’aptitude du vulgum pecus à penser et argumenter par lui-même.

Photo ©J.L.Bertheau