La ville d’Arles s’est trouvé il y a quelques temps dans un circuit de travail organisé pour nos étudiants de l’école des Beaux-Arts de Nîmes. Arles, j’y suis déjà venu, mais jamais dans ce musée dont je connais le nom en toute ignorance de son contenu… sauf qu’il s’y trouve une donation Picasso. Encore lui ! 57 dessins de 1971 plus un portrait (assez agressif) de Lee Miller de 1937 mis en dépôt par l’Hôtel Salé, la maison mère parisienne. Mais rendons à Réattu ce qui appartient à Réattu, maître du lieu. Il a bien mérité son musée ce Jacques Réattu !
En même temps que je découvre un artiste, je sens que je tiens une suite à mes Tocades. En particulier, lorsque je me trouve au beau milieu de la salle des six grandes grisailles (en moyenne 219 x 570 cm). J’aurais aimé voir les dessins préparatoires mentionnés dans le catalogue.reattu Je les ai remarqués pour leur facture néo-classique très ligne claire. Ce trait comme gravé à l’eau forte et ces compositions “narratives” font comme une immense BD, (je sais, c’est à la fois iconoclaste et très convenu de dire ça, mais bon, j’assume). Il y a aussi La Mort d’Alcibiade, tableau inachevé de 253 x 338 cm mêlant l’esquisse à des fragments très élaborés. Devant tout ceci, je suis impressionné, ravi, et stimulé dans ma libido de dessinateur compulsif. Pas de doute, il faut que je revienne sur place et que je tocade à fond.
reattu
reattu Comme un plaisir ne vient jamais seul, des correspondances avec des lectures du moment se manifestent. En préparant une conférence sur la caricature, je lis ceci dans La Caricature de Bertrand Tillier, (Les Éditions de l’Amateur, 2005) :
Les antinomies entre la caricature (d’une facture supposée grossière et d’un contenu prétendu vulgaire) d’une part, et le néo-classicisme et la peinture d’histoire d’autre part, s’atténuent dès lors qu’on observe certains de leurs fondements communs : l’image comme objet de propagande, le contenu moralisant et didactique, le recours au dessin, la métonymie et l’emblématique, l’allégorie….
Réattu sera du pain sur la planche de 2008. Plusieurs allers-retours Nîmes-Arles s’imposent. Et je vais m’approvisionner en bréviaires de toutes sortes. J’ai trouvé un exemplaire de la thèse de Katrin Simons sur Chapitre.com et un exemplaire de Jacques Réattu sous le signe de la Révolution chez Actes Sud.