delacampagneChristian Delacampagne est mort ce 20 mai. Il y a moins de trois ans, il déjeunait à la maison à Lyon.
Quelque temps auparavant j’avais lu presque par hasard son essai sur la banalisation du mal comportant une critique assez culottée (et intéressante) de la pensée de Michel Foucault. J’avais une impression toute fraiche à glisser dans la conversation. Ces lignes sur Foucault, dit-il avec un léger soupir, lui avait valu de solides inimitiés dans le landerneau philosophique. Son détachement et son indépendance d’esprit ne manquait pas de panache.
Nous aurions pu nous rencontrer plus tôt, par le truchement d’un édteur commun avec Scanreigh, Richard Meier des Editions Voix– mais non.
Ce qui avait provoqué la rencontre, c’était un texte de préface, écrit pour une monographie de son ami Dominique Gutherz, et un autre pour l’exposition d’Olivier O. Olivier coproduite par l’École des beaux-arts de Nîmes (que dirige D.Gutherz) et la médiathèque de Lorient en 2005.
Et puis, nous étions revus sur une terrasse parisienne par temps caniculaire. Il portait une sorte de Panama, il était en transit entre la France et les Etats Unis, avait plusieurs fers au feu, c’est sûr, il y aurait une prochaine fois. Encore non. Hier, dans le train, je tombe sur sa nécro en ouvrant Le Monde. Après Lacoue-Labarthe, sale temps pour les philosophes.