ocoxoExposition de trois dessinateurs à l’école des Beaux-arts de Belfort. Parmi eux, Jean-François Sonnet sur qui j’ai écrit pour le magazine L’Imbécile. Françoise et moi y avons tenu une quasi chronique entre 2004 et 2006 le temps de sa trop courte vie. La revue était un cocktail d’articles de fond et d’humeur presque exclusivement accompagnés de dessins de presse et d’illustrations de tous styles. La revue portait la marque de son créateur, Frédéric Pajak sur qui je reviendrai. Le titre se voulait “poil à gratter” en lointaine référence à l‘Idiot international de Jean-Edern Hallier sans vraiment remplir le parti-pris satirique. Flou qui n’a pas facilité son positionnement déjà casse-gueule mais qui aurait pu être sa force. Et puis, le rouleau compresseur de la distribution est passé par là.
Extrait de l’article Le dessin rebondissant de Jean-François Sonnet, paru dans L’Imbécile N°11, 2005:
… Dans une vie antérieure, Jean-François Sonnet fut meilleur apprenti de France en école hôtelière. En 1995, à 35 ans, il s’est mis à examiner des reproductions d’art aztèque et maya et à les reproduire par le dessin (en restituant ici ou là le sexe-serpent que des mises en pages pudibondes s’évertuait à censurer). Il a vécu l’épisode comme un décrassage nécessaire pour s’affranchir des restes d’une formation “beaux-hasardeuse” à Lyon. Mais l’alibi cache une réalité plus profonde car Sonnet réalise que le dessin se suffit à lui-même. Lui suffit…
… Jean-François Sonnet raconte une mésaventure qui lui est arrivé il y a quelques années lors d’un job qu’il effectuait dans le cadre du réaménagement du Centre Pompidou. Il utilisait son temps de pause dans les caves du Centre pour dessiner sur de grandes feuilles de papier ; à l’occasion, il lui arrivait même de photographier ses dessins sur les grilles coulissantes de la réserve entre un Dali et un Duchamp. Mais il n’a jamais réussi à sortir ses dessins car, à la suite d’une suspicion de vol, le personnel fit l’objet d’une surveillance accrue et Sonnet ne se voyait pas, à la sortie, expliquer le pourquoi et le comment de ses dessins clandestins. Ceux-ci végètent peut-être encore dans un recoin de l’antre beaubourgeois en attendant de susciter la perplexité du personnel chargé du récolement de la réserve…
“La Vie n’est pas rose”
Frédéric Clavère, Jean-François Sonnet, Benjamin Swaim
Ecole d’Art Gérard Jacot, Belfort
30 septembre - 25 novembre 2006, lundi-samedi 9h/12h et 14h/18h