cahiersll y a encore deux ans, qu’il me le pardonne, j’ignorais qui était Olivier O. Olivier, (OOO). Et puis soudain, je n’entends parler que de lui. Lors d’un vernissage, chez Item à Paris, Frédéric Pajak parle d’une monographie qu’il a en chantier sur lui ; et puis, c’est l’école des Beaux Arts de Nîmes qui tombe en arrêt devant des tableaux de corrida enneigées et veut son exposition.
Puis ça se précipite, Scanreigh et moi, on cherche, on creuse et on se met à pianoter du texte. Comme ceci : fille Elle a les cheveux multicolores, la jeune fille vue de dos. Comme si la soie de sa tenue avait permuté avec le noir de ses cheveux et l’avait soumise à un deuil intempestif. Il suffirait de lui taper sur l’épaule pour être instruit du mystère. Mais le sujet d’un tableau ne se retourne pas, même si c’est La Fille du Teinturier — pardon, du Peintre — que celui-ci se nomme Olivier O. Olivier et qu’il lui a fallu sept ans pour achever le tableau.
Quand il commence à le peindre en 1983, Olivier peint déjà depuis plus de vingt ans. Sa première exposition personnelle remonte à 1973. C’est le triomphe en France de l’abstraction américaine, du minimalisme et du groupe Supports/Surfaces. C’est le début d’Artpress. (…)

Et ces phrases sont le début de l’article Olivier O. Olivier dans l’accalmie du cyclone que nous signons dans Artpress N° 312, mai 2005

Il a fallu pour cela aller voir OOO dans son atelier montparnassien, l’écouter (il parle très bien), regarder toute une vie de peinture, de dessins, de pastels. Comme je l’ai dit, j’aurais pu ne pas m’arrêter à ce travail mais c’est arrivé autrement. Et tout s’articule, tout se complète dans ma tête : Topor, le groupe Panique, le Grand Magic Circus (dont j’ai vu deux spectacles), la BD, le cinéma, tout cet imaginaire refoulé, centrifugé hors de ce qui se désignait art contemporain. Paysage chahuté des années 70, petit moment de glaciation pour certains. OOO a orchestré tout ça à sa manière et ça tangue délicieusement. Faut voir ça :
http://www.zannettacci.com/artistes…
http://www.artpointfrance.info/arti…

• La monographie Olivier O. Olivier Notre monde ou presque est publiée avec un texte de Dominique Noguez dans la collection Les Cahiers dessinés, Buchet-Chastel, octobre 2005, 150 pages (ISBN : 2283021405)

• Exposition Olivier O. Olivier, La Cape et les pics, du 16 février au 13 avril 2006 à la Galerie Sonia Zannettacci, 16, rue des Granges, 4 rue Henri-Fazy, 1204 Genève — http://www.zannettacci.com

• Olivier O. Olivier est représenté par la Galerie de France
54 rue de la Verrerie, 75004 Paris