Une collaboration de livre avec Françoise qui s’est retrouvé dans un article que nous avons écrit pour TOPO, la revue de la bibliothèque de la Part Dieu et dont voici un extrait en rapport avec une belle histoire de fantôme.

”Un jour de 1996, une bibliothécaire du cinquième étage montre à l’un de nous un carton rempli de planchettes vouées à la décharge. Il s’agit de porte-fiches en bois pour l’identification des livres prêtés et placés à leurs places vacantes le temps de leur absence du rayonnage. Des « fantômes » ! Leur usage tend à disparaître.
Un peu comme la marionnette de Pinocchio qui devient vivante, nous voulons faire de la planchette de bois un vrai livre. Un livre d’artiste. Avec un texte écrit sous deux versions différentes, l’une poétique intitulé « Ça matérialise si je ne m’abuse » — l’autre s’efforçant, grâce à un télescopage de sens, de disserter sur l’étrange nom « Mabuse ». Ce caprice compliqué se veut à la fois clin d’œil et hommage à la diversité des écrits que le « fantôme» doit momentanément représenter. Son bois rustique a été sérigraphié d’une image striée comme les lignes d’un écran. Dans sa partie incisée, il retient un petit livre précieux (celui du poème) et s’accompagne de quelques pages (la dissertation) comme la règle du jeu vagabond auquel le lecteur est invité. L’éditeur du livre, Norbert Jacques à Saché, restera à jamais introuvable, en dépit de la réalité de l’homme et de la ville. C’est un éditeur imaginaire dont l’utopie parie sur le retour de l’objet au bercail. Effectivement, le «fantôme» est revenu subrepticement avec une cote bien réelle sur les écrans informatiques et les rayons de la bibliothèque.”


fantome
Françoise Biver, Ça matérialise si je ne m’abuse . Récit fantôme
Éditions Norbert Jacques, Saché, 1996.
6,2 x 10,8 cm. (16) pages.
Textes typographiés sur Opale blanc 100 g, mis en page par l’auteur, sous couverture en Chromolux métal cuivre 250 g, le tout inséré dans un fantôme sérigraphié recto-verso (18 x 11,8 x 1 cm) provenant de la bibliothèque municipale de Lyon La Part-Dieu ; l’ensemble est accompagné d’une notice (17,2 x 10,8 cm)
Notice de montage pour un fantôme de (8) pages typographiées sur Dürer rose muraille 95 g, illustrée de 3 vignettes au trait et présenté sous étui avec montage en carton finement ondulé. Tirage à 60 exemplaires numérotés et signés.
Les 15 premiers exemplaires sont accompagnés d’une lithographie (17 x 10,6 cm) tirée par l’artiste sur Rives 270 g