Scanreigh et Biver

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Chronique des années 90

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vendredi, février 1 2008

Pierre Courtaud, une collaboration qui dure

Pierre Courtaud occupe une place particulière dans mes éditions depuis le début des années 90. Pour preuve cette liste un peu trop technique et qui mériterait quelques illustrations. J’essaierai de compléter au fur et à mesure.

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lundi, juillet 16 2007

SHOES OR NO SHOES ? Chaussure, galoche, godasse, godillot, grolle, basket, botte, pataugas, savate, tatane… et autres pompes

On n’y pensait plus, cela remontait à 1993 ! Un épisode tout à fait anecdotique à propos de chaussures d’artistes, une idée comme seule la patrie de Magritte sait en produire ! Reconnaissons toutefois qu’entre les bottes à orteils dudit Magritte, les godillots du père Van Gogh, les escarpins warholiens et tant d’œuvres inspirés par-pour-avec-autour de la godasse, les instigateurs du projet “tatanesque” ne manquaient pas de stimuli.
Un jour donc, une demande saugrenue est adressée à Scanreigh d’envoyer une “chaussure d’artiste” pour constituer une collection. Drôle. Facile à exhausser. Va pour une savate d’atelier, ready-made portée par Scanreigh himself, authentiquement maculée par le labeur, et vaguement “rectifiée”, comme dirait Marcel, de quelques ziglouglous sur la semelle intérieure. Hop ! Une fois expédiée, nous n’avons pas cherché à en savoir plus, jusqu’à l’oubli complet.
tandem
photo “empruntée” au site SHOES OR NO SHOES ?

Voilà que l’idée refait surface, pardon le MUSEE, car l’idée a prospéré jusqu’à se transmuer en institution – excusez du peu ! Ce n’est pas la citrouille qui se fait carosse mais la pantoufle de vair qui a fait des petits. Rien ne vaut le détour sur l’impeccable site SHOES OR NO SHOES ? pour comprendre de quoi il s’agit. Et le cher musée en redemande ! Il ne tombe pas au mieux après le tri drastique dans les grolles, consécutif au déménagement récent. Faudra voir.
Cette histoire m’en rappelle une autre parce que son épilogue eut lieu à Romans, haut-lieu français de la chaussure. À la demande d’Hubert Besacier, je m’étais occupée du catalogue d’une opération qui réunissait des designers et des entreprises : Tandem. tandem Trrrrès années 80 comme esprit. 20 ans après, le sort de la savate de Scanreigh me fait penser à ce catalogue qui aborde entre autres le design de chaussure, et dont la couverture devait être réalisée dans une sorte de caoutchouc en relief mais qui s’avéra impossible à faire. Pas d’argent, pas assez de temps, non plus. Bref, elle fut platement imprimée en offset ; le résultat est bizarre. Dans l’urgence, l’imprimeur Jean-Pierre Huguet à Saint-Julien-Molin-Molette (j’adore ce nom!) m’hébergea même une nuit. Au dîner, il servit un excellent Saint-Joseph et c’est depuis cette soirée que j’aime à servir ce vin. L’attachée de presse de l’opération était une petite-fille de Picabia, une figure de roman haute en couleurs, à l’aplomb incroyable, épuisant autour d’elle son petit monde. C’est sans doute grâce à elle que j’ai eu droit à une visite privée dans les collections passionnantes du fabricant Charles Jourdan. L’exposition Tandem eut lieu dans le Musée de la Chaussure.
mourgue Je me demande si la collection de chaussures du musée n’a pas supplanté dans mon souvenir l’exposition à laquelle je participais … Ah si, il y avait ces bottines dessinées par Mourgue pour Clergerie, que j’aurais volontiers intégrées à ma garde-robe.

lundi, janvier 8 2007

Revue poétique Jalouse Pratique avec Hervé Bauer

Jalouse Pratique. Pli urgent, somme six fois l’an l’aujourd’hui littéraire. C’est Hervé Bauer qui a trouvé cette formule mallarméenne pour notre gallop poétique commun au milieu des années 90. Combien en avons nous tiré de cette revue si frêle ? Entre 200 et 300 exemplaires… Il y avait à chaque livraison un tirage de tête accompagné soit d’une eau-forte avec aquatinte originale tirée par René Tazé à Paris (12 exemplaires) soit une vingtaine de bois gravés. La bonne vielle méthode pour s’en tirer économiquement. D’aucuns parleraient de modèle économique, expression si peu poétique malgré la rime.
jalouse pratique
Voici les poètes passés sous presse par René Tazé : Claude Minière, Robert Pinget, Hervé Bauer, Vincent La Soudière, Joël Vernet, Jacques Goorma, Jesper Svenbro, Claude Ollier, Pierre Courtaud, Alain Roussel, Hubert Lucot, Siegfried Plumper-Huttenbrink, Jean de Breyne, Petr Král, Véronique Vassiliou, Claude Royet-Journoud, Harry Mathews, Eva Rudysarová-Misiková, Catherine de La Clergerie, Nicolas Pesquès, Guillevic, José Angel Valente, François Esque, Christian Désagulier, Alfonso Alegre Heitzmann, Antoni Tapies-Barba, Andrès Sanchez Robayna, Raphael-José Diaz, Jean-Gabriel Cosculluela, José Luis Jover, Goretti Ramirez, Dieter Schlesak, Jean-Marie Gleize, Daniel Leclerc, Olivier Houbert, Jacques Ancet, Alban Meurent, Jean-Luc Parant, Christian Gabrielle Guez Ricord, Huguette Champroux, Serge Gavronsky, Bertrand Chavaroche, Daniel Blanchard, Antoine Emaz, Jirí Cernohlávek, Alena Nádvorníková, Vladimira Cerepková, Tomás Frybert, Jan Stolba, Pavel Rajchman, Jan Kabele.

dimanche, janvier 7 2007

Exposition Galerie Lustman, Paris 1993

tondo Palettes & Tondi
Galerie Claudine Lustman
111, rue Quincampoix
75003 PARIS
10 juin - 10 juillet 1993

Dossier de Presse
Pour la 3e année consécutive, la galerie présente un ensemble d’œuvres de Jean-Marc Scanreigh. Contrairement aux deux expositions précédentes qui se voulaient représentatives d’un moment cohérent de la production de l’artiste, il s’agit cette fois-ci de confronter des démarches différenciées, tant du point de vue des techniques que des supports utilisés.

Les châssis classiques ronds, les tondi, voisinent avec des supports “sauvages” en bois, les palettes. Les parti-pris esthétiques ne sont pas en rupture avec ce que l’on connaît de l’artiste depuis plusieurs années, simplement ces œuvres doivent désormais composer non sans conséquences avec la technique de l’huile qui remplace ou se combine à l’acrylique précédemment utilisée. Enfin, plus que jamais, des éléments de récupération interviennent dans leur composition, à commencer par le support lui-même dans le cas des palettes. Quoi qu’en suggère la malicieuse homonymie avec l’objet archi-emblématique de la peinture, elles sont de triviaux plateaux de bois brut conçus pour les chariots élévateurs à fourches qu’on utilise dans la manutention des marchandises. Scanreigh les détourne de leur univers, leur fait subir d’importantes mutilations et restructurations en vue d’une composition picturale.
tondo

Ce n’est pas un hasard si resurgit de ces planches la forme du tondo toujours “renaissante’ et jamais abandonnée de la modernité. Scanreigh se plaît à la reprendre non pas au sens d’un revival mais pour lui opposer à travers des lattes roturières sa version diffractée, revue et corrigée.

Qu’il s’agisse de composer le support ou la surface, des éléments de récupération viennent s’y greffer dans un compromis qui fait revenir au bercail de la peinture tout ce qui au départ n’en était que vaguement ou pas du tout. Ainsi en va-t-il des plaques de cuivre ayant servi aux eaux-fortes, des matrices de bois gravés, des estampes “recalées”, toutes choses de bric et de broc dont il reste quelque chose à sauver et qui soudain vouées au huis-clos imposé par le peintre payent leur survie d’un somptueux enfer de pigments métallisés et de couleurs macrophages.

* Le tondo (pluriel tondi) abréviation de l’italien rotondo rond est un tableau rond d’adoption florentine du Quattrocento. Son origine proviendrait des célèbres dischi da parto, plateaux peints et décorés sur lesquels on présentait des cadeaux aux femmes venant d’acccoucher, avant de les accrocher aux murs de la chambre comme ornements. Massaccio (141-1428) est le premier à pleinement célébrer cet objet artisanal dont s’inquiétait déjà Giotto (1266-1337) et qu’adoptèrent également Fra Anglico, Veneziano, les Lippi, Boticelli, Le Perugin avec de fréquents thèmes de Vierges à l’enfant. Sans doute voit-on même le tondo poussé jusqu’à sa forme parfaite avec les Madones de Rapaël, ou la Sainte Famille de Michel-Ange.

Extrait de Le Tondo Aujourd’hui, Centre Culturel de l’Yonne, 1992-1993

Autour de Baby Lone dans la revue Double Vue

revue Il faudra que je recense les couvertures de revues que j’ai faite. Là, je retombe sur celle de la revue Double-Vue hiver 1990. C’est Daniel Sardet qui avait réalisé la maquette. Un article écrit par Gilbert Lascault était consacré à l’exposition les Jardins de Baby Lone où j’avais présenté des sculptures. Il y avait bien-entendu les livres sophistiqués de Daniel auxquels j’ai participé :
Hyest,1984
Les Beautés de la Naine,1986
Le Tarot des Chimères, 1987
Le Jeu du Minotaure aux Cornes Rouges,1988