Scanreigh et Biver

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Chronique des années 80

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vendredi, janvier 16 2009

Frac Alsace : flashback sur la sculpture des années 80

fracalsace
Le Frac Alsace invite à visiter son site qui vient d’être mis à jour. J’avoue que j’ai eu plaisir à voir mon travail des années 80 figurer dans cette collection. En particulier les sculptures qui, comme je l’ai souvent dit – pas assez sur ce blog – ont joué un grand rôle dans mon “changement d’époque”.
Pour commencer, il y a eu un terrain favorable à Saint-Étienne, ville que j’ai habitée de 1978 à 1983. On y trouvait de nombreux locaux sinistrés par la désindustrialisation. J’ai ainsi pu installer un atelier dans une ancienne passementerie. Il y trainait des vestiges qui ont attiré mon regard : pièces, outils, fragments sans signification, quasi “abstraits”, avec ici et là un détail qui trahissait un ancien usage.
atelier St.Etienne
Je me trouvais à l’étroit dans ma peinture d’alors. Je cherchais un moyen de combiner du dessin à l’abstraction (toute relative) basée sur les effets froissés et qui pour moi commençait à friser le procédé. N’ayant aucune prétention au réalisme, cette part de dessin devait m’être propre. J’ai soudain vu dans le fatras de reliques industrielles des “modèles” en phase avec cet entre-deux dans lequel je me trouvais. Je voulais représenter du visible mais rien de la nature, ni de l’humain, ni citer de l’art ou des images préexistantes. Je me suis mis à fabriquer des sculptures en soudant ce matériel hétéroclite et, chose importante, en les peignant. Je me suis alors beaucoup intéressé à la sculpture peinte.
tabouret Ces sculptures aux formes allusives, que la plupart du temps j’étais le seul à voir, m’aidaient à modifier mes tableaux aux effets froissés. C’était un peu comme une bagarre entre deux démarches, pendant un temps. Ces sculptures ont été pour moi comme du dessin en espace. Elles jouent sur les silhouettes d’objets et comportent beaucoup d’éléments filiformes et très peu d’effets massifs. De tous les objets utilisés, les plus originaux et les plus séduisants étaient des tiges en verre qui servaient à l’industrie de la passementerie.

base internationale
villefranche

Photographies :
1. Collection Frac Alsace”
2. Atelier rue Raisin en 1983 photographié par Cyrille Sabatier
3. Tabouret “Hommage à Duchamp”, 1982/83
4. Exposition Base Internationale, Villeurbanne, 1983
5. Exposition Lyon, 1984

dimanche, avril 27 2008

Une curiosité : Scanreigh vu par Clément Rosenthal

En faisant la monographie, on retrouve des photos qui vous font repenser à des choses oubliées. Comme ce portrait de Scanreigh réalisé par le peintre Clément Rosenthal, fils du chef d’orchestre Manuel Rosenthal. Je ne sais pas d’où sort la photo du tableau que je n’ai jamais vu en vrai. Je serais curieuse de savoir si ce tableau existe encore ?

portrait

vendredi, février 1 2008

TAROT DES CHIMÈRES avec Daniel Sardet, FIAC 88

En 1997, je réalise le «Tarot des Chimères» pour les éditions Baby Lone de Daniel Sardet. L’objet sera la vedette d’un stand remarqué au Saga de Paris, l’année suivante.


Daniel SARDET
Tarot des Chimères
Éditions Baby Lone, Collection l’Île Sonnante, Strasbourg, 1987. (Co-réalisation avec l’Atelier Lézard Graphique). 20,8 x 20,3 x 4 cm. Texte liminaire Le Lézard que l’on capture mais qui hante les palais du roi de 28 pages (20 x 20 cm) de Daniel Sardet d’après les sonnets de Gérard de Nerval Les Chimères en deux couleurs (bleu et noir) sur Rhapsodie bleu, accompagné de 78 cartes (8 x 15 cm) de Jean-Marc Scanreigh sérigraphiées en 8 couleurs au revers d’une matière plastique transparente et perlée, suivies d’une notice de 28 pages (8 x 15 cm) Le Tarot des Chimères. Commentaire et interprétation des arcanes majeures de Daniel Sardet ; l’ensemble est présenté sous emboîtage bleu nuit avec sérigraphie en couleurs d’une carte en couverture, façonné par l’Atelier Clément. Tirage à 250 exemplaires numérotés de 1/250 à 250/250, signés par l’artiste et l’écrivain. Un exemplaire de ce tarot se trouve à :

Issy-Les-Moulineaux, Musée de la Carte à Jouer
Lyon BM : Rés. B 29068 (exemplaire n°70/250 signé seulement par l’artiste)
Mulhouse BM : Rés. 7/88 (exemplaire n°89/250)
Strasbourg BNU : Rés. MR. 200.033 (exemplaire n°123/250)

dimanche, février 4 2007

Philippe Lacoue-Labarthe

LacoueL’annonce de la disparition de Philippe Lacoue-Labarthe résonne étrangement dans ce climat de partance qui est le nôtre actuellement. En écoutant vendredi soir, 2 février, l’hommage d’Alain Veinstein sur France-Cuture, je préparais la visite d’un nouvel appartement, avec en surimpression le souvenir ravivé d’un autre départ. C’était Strasbourg que nous quittions. Dans cette ville, Philippe Lacoue-Labarthe formait avec Jean-Luc Nancy un duo philiosophique en pleine ascension marquée en 1978 par la parution de L’Absolu littéraire au Seuil. Lacoue était pour nous une des figures familières du petit milieu que nous fréquentions. Lorsque Scanreigh et moi nous nous sommes lancés dans la création d’une revue d’art : “Avant-Guerre, sur l’art, etc” à la charnière des années 70 et 80, cela allait pendant quelques années nous maintenir en contact avec lui — via Christian Bernard. Il était question de faire entrer Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy dans le comité de rédaction de la revue, AG ce qui dans le contexte d’alors n’avait rien d’extraordinaire puisque tout ce que Strasbourg comptait d‘avant garde (terme non encore déprécié) dans les sciences humaines, le théâtre et les arts plastiques s’excitait mutuellement à se croiser et à se mêler.
Malheureusement, la collaboration de Philippe Lacoue-Labarthe et de Jean-Luc Nancy a fait les frais du pouvoir “collégial” de la revue, pas toujours au diapason, et surtout frappé de dispersion géographique au moment même où elle se créait (la région Rhône-Alpes ayant aspiré les fondateurs, nous les premiers, entre 1978 et 1982).
Philippe Lacoue-Labarthe avait signé un article (10 pages) sur la Biennale de Venise de 1980, intitulé Venise, Légendes assorti de 22 reproductions de bonne taille… en noir et blanc — eh oui !!! — fallait être parcimonieux avec la quadri, et la PAO était encore dans les limbes ! De ces rapports désormais lointains — devenus pour Philippe Lacoue-Labarthe sans doute insignifiants — il reste pourtant une trace bibliographique associant son nom à celui de Scanreigh.
Lacoue
Un catalogue trilingue (Français/Allemand/Anglais) édité pour une exposition à la galerie Dominique Marchés en 1981, intitulé Scanreigh, l’épreuve du silence. L’esthétique abstraite et minimaliste de Scanreigh était en phase avec l’air du temps, soucieuse de faire coïncider la vision et le verbe théorique. Ressentant la perversité de la situation, Scanreigh a cherché à s’échapper du carcan, ce qui l’a conduit à prendre l’air du temps à rebours. Aucune rencontre ultérieure avec Philippe Lacoue-Labarthe n’a permis de donner une suite à la première approche du travail de Scanreigh.
En relisant son texte 26 ans après, je le trouve “malin”, extrêmement balisé. Plus rien ne coïncide, mais rien n’est périmé. Habileté ? Prudence intelligente ? Dans mon rôle d’intermédiaire dans la réalisation du catalogue, et de maquettiste-secrétaire de la revue Avant-Guerre, sur l’art, etc, j’ai eu à lui écrire, et pour moi, Philippe Lacoue-Labarthe, c’était une écriture — au sens manuscrit. Une écriture en pattes de mouche, extrêmement régulière et maîtrisée, intrinsèquement étrangère à la moindre rature. Les écritures manuscrites me fascinent ; je ne les regarde pas en graphologue, mais comme les traits d’un visage, comme une physionomie. Celle de Philippe Lacoue-Labarthe était d’une perfection énigmatique… et pour tout dire un peu inquiétante.
Lacoue http://lacoue-labarthe.solidether.n…

La revue "Avant-guerre, sur l'art, etc."

AG
Revue créée en 1980 par Jean-Marc Scanreigh, Françoise Biver, Christian Bernard, Didier Semin, Marie-Laure Monfort.

3 numéros parus de 1980 à 1985
N°1 2e trimestre 1980
N°2 1er trimestre 1981
N°1 nouvelle série été 1985
AG Principaux auteurs publiés :
André Chastel,
Carl Einstein,
Max Dvorák,
Henri Zerner,
Charles Rozen
J.Claude Lebensztejn,
Jean-Luc Nancy,
Philippe Lacoue-Labarthe
Mikkel Borch-Jacobsen,
J.Louis Schefer,
Eric Michaud,
Didier Semin,
Eric Darragon,
Harold Rosenberg,
Yve-Alain Bois,
Jacques Derrida,
Roger Laporte,
Pascal Bonafoux,
Roland Recht,

AG Dernier soubresaut de la revue — relookée — avec en couverture une gouache d’Etienne Pressager et une discrète citation des linogravures de Scanreigh dans les pseudo-cariathides à rayures autour du cartouche du titre.
Bien que les trois numéros de la revue soient restés ultra confidentiels (collectors !), des Japonais fouineurs ont retrouvé sa trace pour éditer la traduction du texte d’André Chastel, qui a ainsi retrouvé des lecteurs à l’autre bout de la planète. La mondialisation a du bon.
AG