Scanreigh et Biver

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, juin 22 2009

Vernissage " Un tour autour du rond" Musée de Nîmes. Expo jusqu'au 20 septembre

Quelques images du vernissage samedi 20 juin dans le Musée de Nîmes. Du tondo renaissant et italien au tondo scanreighien sans autre commentaire.

vue
public
haut
archi
tubes
vitre

mardi, juin 16 2009

Écrits sur l’art de Philippe Lacoue-Labarthe

presses du reelLes PRESSES DU RÉEL publient des textes sur l'art de Philippe Lacoue-Labarthe avec une préface de Jean-Christophe Bailly. Je m'y retrouve à double titre pour un texte sur ma peinture 1re époque et aussi pour un article sur la Biennale de Venise que Lacoue avait donné à notre revue ''Avant-guerre, sur l'art, etc.'' Je renvoie aux billets qui relatent ces épisodes.

Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre cette publication et l'exposition actuelle consacrée aux choix de Bernard Lamarche-Vadel. Le regard de l'un n'a pas l'air de valoir le regard de l'autre mais les morts de choisissent pas leur porte-parole, c'est bien connu.

Philippe Lacoue-Labarthe
Écrits sur l’art
Les Presses du réel, 2009
264 pages (16 ill. coul. et 32 ill. n&b)
ISBN : 978-2-84066-282-2
EAN : 9782840662822

dimanche, juin 7 2009

Du tondo italien au hublot de Scanreigh

madone Cette exposition au Musée de Nîmes a pris tournure grâce à Pascal Trarieux, le conservateur et maître des lieux qui en a vite vite donné le contour. Quoi de mieux qu'une jolie rotonde où se trouve la Madone Foulc, une terre cuite émaillée de forme circulaire d'Andrea della Robbia, un maître de la Renaissance italienne dont j'ignorais tout d'ailleurs avant de la voir à Nîmes. Le musée consacre cet été une exposition aux tondi ou tondos qui se trouvent dans ses collections – avec moi en guest-star, parce que j'ai pas mal d'œuvres rondes à mon actif.
La plus ancienne trace que je trouve est un dessin qui a fait la couverture de la revue ''Double-vue'', hiver 1990 et dont Daniel Sardet a fait la maquette. Puis, il y a eu l'exposition dans la galerie Lustman à Paris en 1993 qui s'appelait Palettes et Tondi. Plus récemment j'ai fait une série un peu sur mesure pour la petite galerie de François-Jérôme Finas-Audin à Lyon, une combinaison de peinture et de gravure sur bois intitulée ''Hublots''. J'ai donc quelques antécédents. Je suis très flatté de me retrouver en compagnie d'œuvres de musée. D'ailleurs les œuvres du Musée de Nîmes ont été des sources d'iinspiration pour des dessins dont j'avais déjà parlé ici et .
Le vernissage aura lieu le jour du solstice d'été, encore un clin d'œil de Pascal Trarieux. Auréoles, allusions solaires, de quoi choper le tournis !
musee

UN TOUR AUTOUR DU ROND
Du tondo italien au hublot de Scanreigh
 20 juin  -  20 septembre  2009
vernissage samedi 20 juin à midi Musée des Beaux-Arts de Nîmes Rue Cité Foulc , 30000 Nîmes 10h - 18h  sauf lundi,  04 66 67 38 21

samedi, juin 6 2009

Dans l'œil du critique : Bernard Lamarche-Vadel et les artistes

affiche Ce billet pour combler une lacune dans le catalogue de l'exposition "Bernard Lamarche-Vadel et les artistes", organisée par Sébastien Gökalp au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Pour abonder et illustrer ce qui se dit dans la presse et sur le net.
Philippe Dagen (Le Monde 01/06/09) déplore par exemple l'ordre chronologique de l'exposition qui n'aide pas à y voir plus clair tant il y a de ruptures, de retournements, de surprises. Le moins que l'on puisse dire est qu'au temps où des revues comme Tel quel ou ArtPress faisaient grand cas des théories et des systèmes, du lacanisme et de la sémiotique, par exemple, lui n'en tenait aucun compte et ne se souciait pas de se justifier.

Ailleurs on souligne les choix d’une personnalité caractérisés par la prise de risque et le refus du goût commun, ne suivant aucune piste déjà tracée ni groupe constitué, etc, etc.

J'ai failli ne rien écrire. Par crainte de faire un billet prêtant à confusion. Passer sous silence ce qui me concerne était tout aussi insatisfaisant. D'autant plus qu'au même moment j'avais un contre-exemple flagrant sous les yeux avec la sortie des textes sur l'art de Philippe Lacoue Labarthe.
Je me retranche donc derrière les faits :
peinture
J'ai rencontré Bernard Lamarche-Vadel dans son appartement parisien en 1977. J'arrivais de Strasbourg avec mes toiles roulées sous le bras. Mon travail à l'époque s'y prêtait sans problèmes. Je me souviens d'un accueil où se mêlait la gentillesse et la distance pressée du dandy. Je ne me souviens plus précisément de la conversation. Il me montra, presque avec insistance, un tableau de Marc Devade tout juste endommagé par une circonstance que j'ai oubliée. Il regarda longuement mon travail et téléphona devant moi à la galerie Pilzer Rheims où j'ai a nouveau montré mes toiles. Il y avait là, je me souviens, Bettina Rheims d'avant sa carrière de photographe. Bernard Lamarche Vadel me promit un texte qu'il écrivit pendant un voyage aérien vers le Japon. Il fut invité par l'association Art Aujourd'hui (où nous "fonctionnions" Françoise et moi) à faire une conférence à Strasbourg. C'était sur Manet.

Voici le texte en question qu'il a écrit en octobre 1977. L'aurore boréale est une magnifique expérience ! dit-il à la fin du petit mot d'accompagnement.
lettre
lettre
lettre
Ce courrier et d'autres bricoles échangées avec Bernard Lamarche Vadel se trouvent à la Bibliothèque de Lyon (fonds Michel Chomarat).
Pour une transcription plus lisible c'est ici.

mercredi, mai 20 2009

Signature du livre de Mathieu Nuss au Cabinet d'Amateur à Paris

Une mayonnaise littéraire, plastique et éditoriale qui a pris ! — entre Mathieu Nuss, Scanreigh, Richard Meier et Patrick Chaurin qui prête son lieu bien nommé à la signature du livre du premier, illustré par le second et édité par le troisième. Joli enchainement croisé de rencontres qui devraient inciter le promeneur-amateur parisien à venir trainer ses guêtres rue de la Forge en ce printemps finissant. Résumons : vous êtes chaleureusement invités à la :
SIGNATURE de AGIO
Samedi 13 juin de 16h à 19H
Cabinet d'Amateur
12 rue de la Forge Royale, 75011 PARIS

cabinet amateur

l'Agio : versets escortant les coutures craquantes du quotidien, les rapports si variés si momentanés aux choses. On préfèrerait drôle à absurde. Investissement total de miettes de langage, charriages et vracs effervescents récupérés dans la course, symptômes qui montent en grade, ceux de quiconque peine à trouver ses repères, statut plus spéculé que trouvable, d’où l’amer sentiment-besoin de froisser la langue et les coutumes en vigueur.

AGIO de Mathieu Nuss avec dessins de Jean-Marc-Scanreigh
collection vents contraires / VOIX éditions
Texte de Mathieu Nuss avec 7 vignettes de Jean-Marc Scanreigh dont une couleur, couverture couleur à rabats, 21 x 14 cm, 64 pages
13 €, exemplaire de tête avec un dessin original : 50 €
ISBN 2-914640-83-8
EAN 9782914640831

P.S. Richard Meier a été sensible au fait que les dessins qui accompagnent l'édition de tête sont des minis-placards, comme je le disais dans ce billet. Il a décidé d'en faire une petite édition limitée qui porte déjà un titre : Têtes à deux, et qui sera également disponible le jour de la signature.

vendredi, mai 8 2009

Avec Daniel Leuwers et Mathieu Nuss

leuwers
Richesse du livre pauvre, tout un programme !!! Daniel Leuwers en a fait un livre chez Gallimard. "Projet anarchiste" dit-il, pour ces livres d'artistes qui échappent au circuit commercial de la bibliophilie, qui ne visent qu'à être montrés à des publics variés, donc accessoirement aux collectionneurs nantis qui thésaurisent. De fait, sa conception privilégie une forme de livre facilement exposable. Pas le livre qu'on feuillète, mais plutôt celui qu'on déplie, celui qui tient debout et autour duquel on circule comme autour d'une mini-sculpture. Les textes à lire sont courts et peuvent s'appréhender facilement dans ce contexte.
Retrouver Scanreigh en pareille compagnie n'a rien d'étonnant. Ce qu'il appelle sa bibliophilie de poche a été conçue pour la circulation, l'échange, le don et en dernier ressort pour la vente. Combien fois s'est-il vu reprocher de les vendre à des prix trop peu élevés ! Sans vouloir précisement mépriser les adeptes de la bibliophilie traditionnelle, Scanreigh a surtout pensé, quand il s'est lancé dans l'édition de livres d'artiste, à une forme de conversation plastique avec des auteurs, amis ou rencontres de circonstances, auteurs connus, pas connus et de toutes générations. Comme le jeune Mathieu Nuss (qui dirige la revue ''Boudoir & autres'') rencontré à Paris lors des présentations de livres et d'archives à la Librairie Nicaise. Des ondes favorables ont ainsi présidé à leur collaboration. Quelques discrets Apartés nuss et puis Agio chez Voix-éditions de l'increvable Richard Meier dont les 30 exemplaires du tirage de tête comportent un dessin sur Arches "à deux mains", signé par l'auteur et l'artiste. Ça rappelle furieusement un "placard" en miniature. Bizarrement, c'est le premier tirage de tête qui est accompagné par cette sorte de mini placard… une évidence qui surgit bien tardivement. Comme quoi…

ocoxo

Daniel Leuwers, RICHESSES DU LIVRE PAUVRE, 2008.
Avec des études et témoignages de Georges Badin, Béatrice Casadesus, Henri Droguet, Max Fullenbaum, Philippe Hélénon et Henri Meschonnic, 200 pages, ill., sous couv. ill., 210 x 280 mm. Albums Beaux Livres, Gallimard -art. ISBN 9782070123070. 39,00 €

Mathieu Nuss, AGIO
Collection Vents Contraires, Voix éditions, ISBN 2-914640-83-8, 13 €

mardi, avril 14 2009

Blog en quête d'habits de printemps !!!

Ce blog a failli sombrer corps et biens en ce mois d'avril. Le voilà "plus ou moins" restauré… en attendant un habillage plus élaboré.

Il remplit son office malgré la mise en page perturbée de certains billets, et ce qui est plus embêtant, la rupture des liens internes entre billets. Désolée pour l'inconfort de lecture et la perte d'information que cela représente. La restauration continue !

vendredi, mars 20 2009

Dessins au Cabinet d'Amateur de Patrick Chaurin

dessin Voilà où mènent les choses par recoupement de relations diverses et variées : à voir figurer mes dessins dans la jeune galerie de Patrick Chaurin : "Le Cabinet d'amateur", une appellation qui répond absolument à ce qu'est ce lieu et son animateur. Pas d'ostentation mais l'un et l'autre habités par la flamme. Pas de doute, l'amateur, c'est autant le "tenancier" du lieu que le visiteur qui, s'il ne l'est pas déjà, le deviendra en poussant la porte de cette galerie située dans le 11e parisien.
Je ne serai malheureusement pas au vernissage mais sans doute au "finissage"" le jeudi 9 avril.
dessin

Feuilles libres
Dessins contemporains
Vernissage le jeudi 26 mars 2009
à partir de 18 heures
du 24 mars au 11 avril 2009

Eric Arbez, Joanna Flatau, Jean-Marc Gauthier, Céline Guichard, Stéphane Hardel, Frédéric Hégo, Patrick Jannin, Dominique Larrivaz, Emma Malig, Pascal Margat, Paul Martin, Paella, Michel Rabanelly, Jean-Marc Scanreigh, Thomas...

LE CABINET D'AMATEUR
12 rue de la Forge Royale 75011 Paris
œuvres sur papier, peintures, photographies, éditions d'art...
du mardi au samedi de 14 à 19 h et le dimanche de 14 à 17 h
sur rendez-vous en appelant le 01 43 48 14 06

lundi, mars 9 2009

Avec Jean-Pierre Bobillot

La Prose des Rats de Jean-Pierre Bobilllot nous est parvenue ce printemps discrètement comme le font les rats. Ils ont pris leur temps pour se frayer un chemin vers la surface. Nés en 2002, publiés fin 2008, pépères !! Je vois Scanreigh les dessiner (il y a 7 ans !) cherchant à ne pas trop les phagocyter graphiquement pour qu'ils soient reconnaissables — les scrupules de la commande ! Aurait-il affublé ses rats des bizarreries habituelles de la faune qu'on trouve dans ses estampes, dessins et peintures que ça pouvait aller aussi. Bobillot n'est-il pas lui-même un très radical triturateur de formes ? Dans son livre, la syllabe ra, pré-ou suffixe, calembour ou mot-valise sert à des jeux de mots qui appellent la performance et l'oralité et ne sont pas sans rappeler les contraintes de L'Oulipo. Je me souviens l'avoir entendu lors de lectures à Lyon : un vrai performeur. Scanreigh a fait un bois gravé marron pour la revue Verso 93 consacré en 1998 aux Ecrits pour la Voix. (ISSN 0297-0406) où figurait également J.P.Bobillot

bobillot

Jean-Pierre Bobbillot
La Prose des Rats
L'Atelier de l'Agneau, collection architeXtes, 2008
ISBN 978-2-930440-18-7
ISSN 1769-5538

Il existe aussi deux livres d'artiste que Scanreigh a réalisés avec Bobillot et qui correspondent à une phase érotique

èvRe vacuité (itéRation) sillons d’éros : spectR
Éditions de La ligne Coupée, à La Lettre, 1997.
32 x 16 cm. (44) pages reliées à la chinoise.
Texte érotique de Jean-Pierre Bobillot composé en Weiss romain corps 20, en bleu, sur Punch et Conqueror 100 g, accompagné d’une quadrichromie (62 x 16 cm) du tableau La Référence et le Profil, 1991 (acrylique et collage sur toile, 110 x 400 cm. Coll. Michel Chomarat), et de 6 dessins typographiés en violet, le tout sous couverture Natural Honey 250 g.
Tirage à 140 exemplaires numérotés signés par l’artiste, l’écrivain et le typographe, dont les 70 premiers exemplaires numérotés de 1 à 70 sont accompagnés d’un bois gravé, imprimé en vert par l’artiste sur Vergé 100 g, relié au livre.

À ma dryade - blasons du corps ligneux
Ecbolade, (Nœux-les-Mines), 2002.
17 x 23,5 cm. (38) pages.
Textes érotiques de Jean-Pierre Bobillot composé en Vendôme corps 16, sur Centaure blanc, accompagné de 4 sérigraphies.Tirage indéterminé pour l’édition courante. Tirage de tête à 15 exemplaires sur Arches (19 x 28 cm) de (36) pages en cahiers libres, sous couverture à rabats, comportant 2 dessins originaux à l’encre de chine noire, datés 8.XII.01, numérotés de 1/15 à 15/15, non signés.
bobillot
Et la quadri de La Référence et le Profil dont il est question reproduit le tableau qui s'est retrouvé sur les murs de la Bibliothèque de Lyon.

dimanche, mars 1 2009

Penrod n°10 et Penrod n°11 pour les Salons du livre d'artiste de Nîmes et d'Issy-les-Moulineaux

Mars : deux salons pour sortir des livres de leurs boîtes. Mais aussi exercice d'ubiquité puisque je suis présent à Nîmes et à Issy les Moulineaux. À Nîmes, je fais l'ouverture du salon et je passe ensuite le relais à Augustin Pineau qui fera "notre" promotion puisque l'une des deux nouvelles livraisons de PENROD présentées aux salons est faite avec sa collaboration. Nous avons mixé ses collages avec mes dessins et soumis le résultat à Pierre Courtaud qui, comme toujours, est partant pour ce genre d'exercice. Il a très bien regardé et joué sa partition à partir de tout ça, et voilà.
Le numéro 11 de Penrod sort en même temps. Et on peut dire qu'il était temps. Ces deux numéros ont en effet cédé leur place dans la file d'attente des projets à cause de la monographie de l'année dernière. Cela arrive…
Très énigmatique N°11 ! Et pour cause : derrière le patronyme d'Adman Adam se cache Etienne Cornevin, le red-acteur des folles et savantes ''Nouvelles Hybrides''. La maquette est réalisée par Nicolas Gromaire, modifiée et adaptée (pour les raisons propres aux choses remises au lendemain) par Françoise.
Un mot encore sur la ville d'Issy que je connais depuis un bon nombre d'années grâce au Musée de la Carte à jouer qui abrite le ''Tarot des Chimères'' édité par Daniel Sardet et qui fit l'objet d'un très beau stand à la Fiac à Paris en 1988. Dan Sardet est d'ailleurs le coéquipier de Penrod n°4 et de Penrod n°9
penrod10
• Penrod n°10 Pierre Courtaud – Augustin Pineau – J.M. Scanreigh
Titre : Ils découpent et c’est si bien fait qu’ils l’emportent avec eux Texte de Pierre Courtaud et 20 dessins-collages d'Augustin Pineau et de Jean-Marc Scanreigh. Impression infographique en couleurs sur Rey 100 g. Couverture 150 g, format : 21 x 29,7 cm, 22 pages, reliure à la chinoise. Edition originale tirée à 60 exemplaires. Les 20 premiers exemplaires sont accompagnés d'un dessin-collage original signé et daté par les artistes.

penrod11
• Penrod n°11 Le marre-tire de Sébastien - M.Adman Adam
Pièce en un acte de M.Adman Adam avec mise en pièces graphique de 14 dessins de Jean-Marc Scanreigh par Nicolas Grosmaire. Impression infographique en couleurs sur Rey 100 g. Couverture 160 g, 21 x 29,7 cm, 30 pages. Reliure à la chinoise. Edition originale tirée à 50 exemplaires. Les 20 premiers exemplaires sont accompagnés d'un dessin original signé et daté.

9e Salon du livre d'artiste — Nîmes
Vendredi 6 mars et samedi 7 mars 2009
Hall d'accueil du Carré d'Art
Place de la Maison Carrée Nîmes

Salon des éditeurs de livres d'artistes — Issy les Moulineaux
Adélie & Iconomoteur & J.Luc Herman & Marianne Moontchougny & Scanreigh & La Sétérée
samedi 7 mars et dimanche 8 mars 2009
Médiathèque — 33 rue du Gouverneur général Eboué — 92130 Issy-les Moulineaux

vendredi, janvier 16 2009

Frac Alsace : flashback sur la sculpture des années 80

fracalsace
Le Frac Alsace invite à visiter son site qui vient d'être mis à jour. J'avoue que j'ai eu plaisir à voir mon travail des années 80 figurer dans cette collection. En particulier les sculptures qui, comme je l'ai souvent dit – pas assez sur ce blog – ont joué un grand rôle dans mon "changement d'époque".
Pour commencer, il y a eu un terrain favorable à Saint-Étienne, ville que j'ai habitée de 1978 à 1983. On y trouvait de nombreux locaux sinistrés par la désindustrialisation. J'ai ainsi pu installer un atelier dans une ancienne passementerie. Il y trainait des vestiges qui ont attiré mon regard : pièces, outils, fragments sans signification, quasi "abstraits", avec ici et là un détail qui trahissait un ancien usage.
atelier St.Etienne
Je me trouvais à l'étroit dans ma peinture d'alors. Je cherchais un moyen de combiner du dessin à l'abstraction (toute relative) basée sur les effets froissés et qui pour moi commençait à friser le procédé. N'ayant aucune prétention au réalisme, cette part de dessin devait m'être propre. J'ai soudain vu dans le fatras de reliques industrielles des "modèles" en phase avec cet entre-deux dans lequel je me trouvais. Je voulais représenter du visible mais rien de la nature, ni de l'humain, ni citer de l'art ou des images préexistantes. Je me suis mis à fabriquer des sculptures en soudant ce matériel hétéroclite et, chose importante, en les peignant. Je me suis alors beaucoup intéressé à la sculpture peinte.
tabouret Ces sculptures aux formes allusives, que la plupart du temps j'étais le seul à voir, m'aidaient à modifier mes tableaux aux effets froissés. C'était un peu comme une bagarre entre deux démarches, pendant un temps. Ces sculptures ont été pour moi comme du dessin en espace. Elles jouent sur les silhouettes d'objets et comportent beaucoup d'éléments filiformes et très peu d'effets massifs. De tous les objets utilisés, les plus originaux et les plus séduisants étaient des tiges en verre qui servaient à l'industrie de la passementerie.

base internationale
villefranche

Photographies :
1. Collection Frac Alsace''
2. Atelier rue Raisin en 1983 photographié par Cyrille Sabatier
3. Tabouret "Hommage à Duchamp", 1982/83
4. Exposition Base Internationale, Villeurbanne, 1983
5. Exposition Lyon, 1984

lundi, janvier 5 2009

Richard Meier, Éditions Voix

bte alum
Boîte "Réat", Editions Voix, Elne, 2009
20 dessins de 3,2 x 4,8 cm, formant une bande de 99 cm de longueur, pliée en accordéon et logée dans une boite d'allumette Feudor. Mise en couleurs par Richard Meier. Un dessin supplémentaire sert d'étiquette de couverture. Timbre sec de l'éditeur. 200 exemplaires.

meier nimesJe n'ai jamais perdu de vue Richard Meier. Lui comme moi avons eu tendance à migrer vers le Sud. Au mois de mai dernier, nous trinquions ensemble sur le sable des arènes de Nîmes à l'occasion d'une exposition Viallat. Françoise et moi étions alors en pleine exhumation de photos pour la monographie en cours de préparation … et nous en avons trouvé une de lui, prise lors d'une exposition à Metz en 1978, son ancien fief.
Pour renouer le fil, il me propose de me mettre en boîte, au sens propre, et la voilà la boîte avec son diable qui en sort. Grâce à lui, j'entre dans le club des créateurs de petites boîtes. Petite boîte mais grand classique, parfait pour commencer en douceur l'an 9.


meier78
Auparavant nous avons commis ensemble ceci :
Aux types aux caractères
dans la collection "Voir comme on Pense", Montigny-lès-Metz, 1989. 10,4 x 14 cm. 200 pages. Recueil de 97 dessins sous jaquette à rabats en carton avec titre, illustration, et deuxième rabat incluant un dépliant en 3 volets avec le texte-manifeste de la collection "Voir comme on pense". 9 hypothèses pour lancer une collection de B. Goetz, daté de Nancy, janvier 89. 200 pages dont 8 pages de titre sur carton reliées à la chinoise et 192 pages de dessins en noir et blanc, imprimées sur papier offset en alugraphie par l’éditeur. Tirage à 250 exemplaires non justifiés, et 20 exemplaires H.C. ornés d’un dessin original à l’encre noire sur Vélin d’Arches blanc non relié
Jacques WALTER, Travée.
dans la collection "Voix d’Encre", Montigny-lès-Metz, 1990. 9 eaux fortes 25,5 x 22,4 cm. 12 feuillets reliés à la chinoise. Poèmes Tranchant, Transe, Tremblement, Trêve, Traque, Tréfonds de Jacques Walter imprimés en alugraphie sur Vélin BFX Rives 210 g, accompagnés de 8 vignettes en alugraphie et 9 eaux-fortes en feuilles pliées à la chinoise sous emboîtage en carton plié avec étiquettes de titre collées en première de couverture et sur le dos ; estampille à froid de l’éditeur, à l’achevé d’imprimer.Tirage à 60 exemplaires numérotés de 1/60 à 60/60, signés.
Etienne CORNEVIN, Petit je dé sans femme île / Livre bricolé par Jean-Marc Scanreigh rouleur de biomécaniques & baptisés par Etienne Cornevin goupillonneur lahique, Editions Voix, Richard Meier, Montigny-lès-Metz, 2003, 188 p. 13,3 x 8,5 cm. 79 dessins érotiques au trait imprimés sur Job ivoire et papier calque, en rouge et diverses autres touches de couleurs, illustrés de textes et de mots phonétiquement écrits et d'onomatopées de Etienne Cornevin, imprimés en vert noir et rouge. Couverture en couleurs illustrée sous forme de rébus. Imprimé à 99 exemplaires non justifiés ; 33 exemplaires numérotés.
Et il existe aussi :
Voix à Montigny
Un bois gravé rond édité en 1992 en 2 couleurs, Ø 26,2 cm (32 x 30,5 cm). Tirage approximatif à 30 exemplaires.

lundi, octobre 13 2008

Avec Régine Detambel chez Fata Morgana

Un jour, c'est à dire, il y a à peu près 6 ans, je me retrouve en possession d'une quantité de papier Arches au format 37 x 26 cm, une sorte de luxueux rebut qui n'avait plus d'usage chez l'éditeur Rémy Maure. Bien évidemment, je dessine dessus et je remplis une de mes nombreuses boîtes Leonidas, le fameux chocolatier belge (franchisé jusque dans le Gard) qui met ses cartons vides devant la porte à deux pas de la mienne, afin que je les remarque et les récupère. Le chocolat étant une matière noble, les cartons d'emballage le sont aussi : compacts, solides, bien conçus, ils ont l'insigne mérite d'avoir le format exact de mon stock d'Arches.
Le temps passe. Pendant l'année 2007, une de mes Leonidas se remplit spécialement bien et à bon train. Abstraction faite des logos et inscriptions chocolatières, elle ferait un excellent portfolio. Ce qui fait que j'en parle à Fata Morgana, qui en réponse me parle de Régine Detambel. Je lis Detambel, ça me plaît. Nous avons l'un et l'autre une proximité avec l'Oulipo. Le courant passe. Quelque chose va exister. Voilà, c'est fait.
detambelC'est "7.7.7". Le titre est approximativement, et non sans raison, luciferien. C'est une date, 07.07.07 sans ses zéros, banalement celle d'un dessin de la boîte. C'est aussi la date fétiche des couples qui se marient l'été. Sauf que. L'histoire de couple qu'imagine Régine pour mes dessins est noire comme l'encre !
J'aime particulièrement l'adéquation texte-dessins-présentation de "7.7.7". Un bon cru dans mes livres. Ferons-nous 888 et 999 ?
448 dessins de ma Léonidas ont été répartis en 32 portfolios de 14 dessins avec le texte de Régine Detambel sur une grande planche recto-verso, un texte sans marges ni paragraphes ; après lecture on comprend pourquoi.

7.7.7
Régine Detambel & Jean-Marc Scanreigh
Editions Fata Morgana, (Fontfroide-le-Haut, Saint-Clément-de-Rivière), 2008
37 x 26 cm, (32) pages libres
Album de 14 dessins originaux signés et datés (timbre sec de l'artiste)
2 pages de texte, 2 pages d'achevé d'imprimer "A Bastiano le 7.7.8"
Typographie en deux couleurs (vert et orange)
Portefeuille en carton gris avec étiquette orange dans une chemise à rabats orange
Edition originale à 28 exemplaires et 4 H.C., signée par l'écrivain et l'artiste
750 € prix public TTC

Régine Detambel

detambelC'est aussi le rôle d'un éditeur de susciter des rencontres entre artistes. Je suis reconnaissant à Fata Morgana de m'avoir fait rencontrer il y a quelques mois Régine Detambel que je ne connaissais pas. J'ai lu plusieurs de ses textes avec plaisir et suis ravi de celui qu'elle a écrit pour notre portfolio — labellisé du nom de collection "A Bastiano". (Un peu comme je fais pour mes éditions maison) C'est une référence (malicieuse ?) à l'ultime place forte devant le vaste horizon du désert de Tartares de Dino Buzzati. Eh oui, les portfolios, tandems d'écrivains et d'artistes, sont des petites forteresses qui essaient de tenir bon face à l'immensité — de quoi au juste ? De l'indifférence ? Du trop plein de publications de toutes sortes ? Peu importe. Les publics sont multiples. Notre 7.7.7 a le sien. Régine Detambel n'en a pas qu'un (elle écrit également des livres pour la jeunesse).
Après Christian Bourgeois, Julliard, Stock, elle publie chez Gallimard plus de 20 livres. Noces de Chêne vient sortir debut octobre. Je n'ai pas de réticence à en parler comme si je l'avais déjà lu.

vendredi, septembre 12 2008

POUR UN SCANREIGH HISTORIÉ — sur l'œuvre de Scanreigh, texte de Jacques Jouet

couv
Dans ce qui a été publié sur Scanreigh ces dernières années, la peinture a été moins bien servie que la gravure, les éditions ou le dessin.
Il importait de rectifier le tir. Le résultat qui nous a occupé ces derniers mois, se présente sous la forme d'un livreintitulé Pour un Scanreigh Historié, accompagné d'un portrait littéraire de Jacques Jouet, d'extraits critiques, et d'un récit biographique à la première personne (16 pages).
Le livre sort officiellement le 16 septembre prochain, jour du vernissage de l'exposition à la galerie Artscenik sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon.
pages Le livre est disponible
dans plusieurs librairies de Lyon dès à présent.
Il existe aussi une édition de tête avec un dessin original au format du livre.
Pour se procurer le livre, c'est par ici.

pages pages





Exposition Galerie Artscenik

Mardi 16 septembre - mercredi 1er octobre 2008
lundi - vendredi : 10 h - 19 h et samedi 11h -18 h
13 rue des Capucins, à deux pas de l'Opéra, 69001 Lyon
M° Hôtel de Ville ou Croix-Paquet
Parking Terreaux ou Louis Pradel Opéra
www.arscenik.com ; contact : eh.ask@artscenik.com

jeudi, septembre 11 2008

Pour un Scanreigh Historié par Jacques Jouet (suite)

Comme certains exemplaires du livre circulent, que certaines questions semblent récurrentes, voici par anticipation les réponses.
Avant tout, il faut dire que sans le mécénat de collectionneurs, ce livre n'existerait pas. C'est nous – et principalement moi – qui en avons assuré la réalisation.
Catalogue ? monographie ? oui à peu près. Pour la monographie, il manque la scientificité, pour un catalogue, il manque la ou les préfaces classiques, comme il manque la rétrospective qui en serait le pendant (auquel manquerait des sculptures disparues, d'ailleurs). Alors, c'est un livre sur, et à l'image du parcours artistique de Scanreigh.

Pourquoi Jacques Jouet ?

jj Parce qu'une collaboration ancienne avec Jacques Jouet existe, parce qu'une affinité pour son style littéraire existe. Parce qu'un texte littéraire semblait plus pertinent au regard notamment des placards et des livres d'artiste dans l'œuvre de Scanreigh – préférable aux exercices plus ou moins hagiographiques des catalogues d'artistes. La biographie imaginaire, historiée, de Jouet, ancrée dans le réel plus qu'on ne le croit, fait penser aux noms d'éditeurs que Scanreigh invente pour ses livres…

Pourquoi un récit biographique à la première personne et illustré ?

Est-ce la pratique des blogs qui a déteint ici, c'est possible. Pour tout dire nous voulions la substituer à toute autre information bio-bibliographique, finalement elle est là en "supplément". Nécessaire. Le récit de ces pages rouges est bien-sûr lacunaire, il laisse forcément bien des choses dans l'ombre. Sa tournure doit sans doute beaucoup aux photos existantes et aussi aux absentes, ratées, perdues ou jamais faites. Certaines photos, et notamment l'inévitable pose devant le tableau, regard vers l'objectif, sont devenues inutilisables par l'effet de répétition pénible qu'elles engendraient. Leçon à retenir : ne prendre que des photos à l'insu des personnes !

Pourquoi cette couverture ?

couvSon look qui est plus proche des codes de l'édition "littérature" que de l'édition "arts plastiques" où l'on voit couramment en grand le détail d'une œuvre, une vue d'atelier ou le créateur in situ. Ici, le portrait en gros plan est anachronique, puisque Scanreigh a aujourd'hui bientôt 58 ans. Outre qu'il s'agit d'un très beau portrait réalisé par la photographe Cyrille Sabatier (ce qui est une raison suffisante), il est contemporain de la rupture esthétique dans le travail de Scanreigh au début des années 80, et dont traite aussi le livre. Il contient l'inquiétude d'une implication majeure dans la vie d'un artiste qui peut en l'occurrence mériter la couverture.
Autre chose : le titre donné par Jacques Jouet à son texte posait un problème de redondance. Un ouvrage intitulé Scanreigh pouvait-il comporter un second titre comportant encore le nom ? Non. Le titre du texte avec l'étrangeté du terme historié devait se confondre avec celui du livre. Ainsi, seuls les noms de l'auteur et de l'éditeur sont dans une typo classique, le reste est "graphique". Avec une combinaison de plusieurs références : le scotch si présent dans la première époque de l'artiste, le bois gravé des éditions, avec son rendu bicolore qui renvoie à la peinture. Seule manque la référence à la sculpture. Le noir et blanc dominant est un contre-emploi légèrement provocateur (littéraire) pour un contenu consacré à la couleur.
(Après coup, le nom en bois gravé sur cette couverture m'a fait penser au titre brodé de la revue d'art ''Parkett'').

Pourquoi ce format, ce papier ?

Le format est celui de beaucoup de livres de Mémoire Active et de celui de ''Livres à l'envi'' chez ce même éditeur. Le format réduit des photos est en rapport avec ce qui était disponible. Très souvent la qualité des photos limitait les agrandissements. La papier Gardapat est d'un blanc teinté, adoucissant les couleurs qui sont souvent violentes, surtout dans les peintures des années 90. Là aussi c'est un choix unifiant.

P.S. d'avril 2009 : Jacques Jouet et Scanreigh ont obtenu pour le livre "Pour un Scanreigh historié" le prix Rhône-Alpes du Livre 2008 dans la catégorie Art & Création. Ce prix (seul prix en France en nom propre d'un département) existe depuis 1990.

mercredi, septembre 10 2008

Solstices à la 24e foire internationale du livre ancien de Bruxelles

livre

Cette foire du livre ancien à Bruxelles me permet de reparler de Didier Derœux et de sa librairie Solstices qui a quitté Lille pour Paris. Ravi d'être, grâce à lui, présent sur cette foire par un ensemble de dessins originaux, de carnets, d'estampes et de livres d’artiste.

solstices

24e Foire internationale
du Livre ancien de Bruxelles
du 19 au 21 septembre 2008
Stand n°10
Tous les détails sur www.bibliofair.be
invitations gratuites sur demande
contact@librairie-solstices.com
Nouvelle adresse :
Didier Derœux / Solstices
10 bis rue de Châteaudun, 75009 Paris
+33 (0)1 42 85 80 95 / +33(0)6 13 80 19 45
Sur rendez-vous uniquement.

Catalogue raisonné des livres et affiches

Ce catalogue recense mes livres d'artiste, mais c'est aussi l'histoire de ma maison d'édition. "Maison" est un bien grand mot pour une aventure "sans nom" à vrai dire… à force de les avoir tous ! Pendant presque dix ans, j'ai inventé pour chaque nouveau titre un nom d'éditeur situé dans une ville choisie au hasard. C'était à la fois par caprice et pour donner une cohérence intime au contenu. Chose que je ne devrais pas avouer en principe. Mais quand un libraire vous téléphone pour vous demander où trouver cet obscur éditeur qui ne figure nulle part, il faut bien lever le voile.
Ces livres je les appelle aussi bibliophilie de poche, vendus par souscription selon deux formules, l'édition courante et surtout l'édition de tête accompagnée d'une œuvre originale (eau-forte, sérigraphie, lithographie, linogravure ou bois gravé). Il y a eu parfois des dessins rehaussés.
En général, j'ai fait ces livres de manière artisanale, certains sont assez classiques, d'autres amusants comme ces livres en carnets de tickets ou dans des boîtes de cigares ou d'allumettes. Il y a enfin des livres qui répondent aux critères précieux de la bibliophilie, papiers de luxe, emboîtages toilés, typographie au plomb.
Ces derniers temps, je me suis rapproché de l'esprit ''graphzine''.
Mais ce que je vois dans le catalogue Livres à l'envi, c'est moins mon travail que celui de Jean-Paul Laroche qui a remis d'aplomb mes descriptifs, les a unifiés, complétés, un travail de bénédictin ! D'ailleurs ce travail se continue en prévision d'un tome 2, peut-être. Il est déjà consultable en avant-première sur le site de la Bibliothèque de la Part-Dieu

Livre à l'envi
Catalogue raisonné des Livres d'artiste et affiches de Jean-Marc Scanreigh
par Jean-Paul Laroche
Editions Mémoire Active

258 notices détaillées, 154 pages, 21 x 24 cm
89 illustrations quadri, 20 € (franco de port)
"Livres à l'envi" est à vendre, (par ici)

lundi, septembre 8 2008

Le Cure-dent de Jean-Yves Lacroix, éditions Allia

Le blog est resté en sommeil pour cause de travaux de Romain (à Nîmes, c'est normal). Des informations à ce sujet sont imminentes. Une bonne remise en jambes dans le monde normal a été pour moi la lecture du livre de Jean-Yves Lacroix. Un livre qui a su ne pas sombrer dans le tsunami de la rentrée littéraire : échos dans la presse et sur la Toile (Nouvel Observateur, Lire, L'Humanité, Le Temps, Médiapart, Fluctuat.net, le choix des libraires parmi d'autres sites encore), à la radio (Le Masque et la Plume - France-Inter ; Entre les Lignes - Radio Suisse Romande), et présence sur la première liste du Prix de Flore) … échos auxquels j'ajoute ceci :
curedent
L'OBJET DU DÉBOURBAGE
Jean-Yves Lacroix connait le problème. Il met le personnage de son roman dans la situation d'avoir à juger des textes en confrère : Il craignait d'offenser et détestait, en vérité, devoir adapter sa franchise.
Pas simple, en effet, d'écrire sur un auteur que l'on connaît en chair et en os. Heureusement, je partage avec le personnage du roman d'avoir aimé ce que j'ai lu. Une sorte de preuve serait que j'ai souligné une phrase sans voir qu'elle figurait en 4e de couverture. Phrase hermétique d'ailleurs qui peut désorienter, heureusement que le roman démarre direct et concret.
J'ai une réserve sur l'incipit. Souvent, les livres pourraient selon moi commencer à la deuxième phrase, voire au deuxième paragraphe. Ici, une formule facile de hit-parade des bibliothèques d'Europe (qu'il faudrait toutes connaître ?) pour dire combien celle de l'ENS est incomparable… Bon.
L'à-coup passé, on emboîte le pas au narrateur, en archiviste-enquêteur qui nous la joue un peu Dan Brown…, disons Umberto Eco, ou plus classe, Borges. Mais, c'est bien du vrai Lacroix qui nous emporte dans la Perse d'après l'an mil, une Perse méconnue, si lointaine et lacunaire que même les encyclopédies défaillent, les calendriers n'en parlons pas ! On nous dit qu'ils sont à la révision. Omar Khayyam, champion de l'Orient mathématicien s'y emploie brillamment, avant et mieux que le staff à Grégoire, le pape qui rafla la mise. Voilà, pour la remise des pendules à l'heure. Mais attention, Lacroix n'entre pas dans la polémique très en vogue sur la dette de l'Occident envers le monde arabo-musulman. Pas de mise à jour de culture générale pour briller en ville. Il ne s'agit pas non plus de vibrer, de compatir, de nous identifier avec ce savant devenu poète éthylique. Omar Khayyam, le XIe siècle persan, c'est une armature. Voulue, appropriée. Une distanciation pour revigorer l'intemporelle question de ce à quoi les vivants passent leur temps : bosser, rien foutre, assumer, résister, fuir ? – toutes choses qui subtilisent la notion de liberté. Alors, qu'on en sache long ou pas sur Khayyam est une question à géométrie variable. Lui ou un autre, pourquoi pas cet énigmatique et génial mathématicien Ettore Majorana, qui déboule de son XXe siècle parmi les vizirs, sultans et autres filles des tavernes, ou encore cette poétesse et amante, si auréolée qu'il faut croire à son existence. Le lecteur, qui n'a pourtant rien bu, acquiesce : puisque le vin est inventé, que la recette se transmet de génération en génération, buvons-le ! Avant que le consensus général ne vire à la prohibition. L'individu qui se livre à nous le clame, mais en se ravisant pour lui-même, et pour d'autres raisons.
Qui décide de la frontière entre le dehors et le dedans ? La science ? La foi ? Les poèmes ? Les romans ? Ces choses qu'on écrit, que d'autres lisent, ces endroits où les inévitables figures paternelles débordent comme les coloriages d'enfant qui ont du mal avec les contours.
Le biographe qui nous a embarqué est un historien d'un genre particulier, il fait du carottage plutôt que de la fresque. C'est mieux pour vendre des raretés aux bibliophiles. Cela affûte l'attention aux choses, aux êtres, aux pépites de l'ombre, ça rend la curiosité contagieuse.
Pourquoi avais-je tiqué sur la phrase qui s'est retrouvée en 4e de couverture ? Et qui dit : Surtout, le voisinage de la beauté a quelque chose de pratique que la pudeur n'avoue jamais, précédé de : À bien peser les choses, il paraît extrêmement judicieux d'habiter un palais. Parce qu'il m'est arrivé de gamberger sur la servitude paradoxale des domestiques, pris aux murs de belles et vastes demeures, entourés des plus belles productions de l'art, lieux d'excellence qui font les manuels d'Histoire et les dépliants touristiques. Ces domestiques, traités avec humanité par leur maîtres, ce qui statistiquement arrive, ont, comme certains névrosés, étrangement beaucoup à perdre à s'affranchir. J'extrapole, bien sûr, la lecture de Lacroix y incite. Omar, comment déjà ? Les siècles se mélangent les pinceaux. Cure-dents ? Bien que singulier, l'objet du rôle-titre est pluriel dans ce récit-stéréo. Qu'il soit d'or ou non, c'est un gage de savoir-vivre. Et c'est quoi, bien vivre ? Revivre ? L'auteur y répond non sans avoir planté des paravents plus vrais que nature dans le décor.
Bien des romans actuels jouent sur la crête qui sépare le réel et la fiction et celui-ci en est un avec un solide socle historique bien exposé à l'air du temps et qui offre des vides réels et providentiels au comblement. L'auteur y a mis son intimité douloureuse et joyeuse. C'est fait avec doigté et des bonheurs d'écriture certains. Détours proportionnés, ajustés, exacts. Par ces temps d'auto-fictions intempestives, on s'avise que c'est bien la dose qui fait le poison.

Le Cure-dent
Jean-Yves Lacroix
Edition Allia, 2008
ISBN : 978-2-84485-283-0
6,10 €

mercredi, août 13 2008

HISTORICIZING SCANREIGH The work of Jean-Marc Scanreigh

This text was given to announce the monographic publication intitled Pour un Scanreigh historié (Historicizing Scanreigh), a retrospective look at the pictorial work of Scanreigh, from1973 to the present day.
Texts : (only in French)
- Literary Portrait of the artist by Jacques Jouet
- Critical extracts
- Illustrated album of 16 pages in which Scanreigh tells his own story
- 160 pages, 214 reproductions and 150 vignettes , 24 x 21 cm
- Mémoire Active, ISBN 978-2-908185-65-2, September 2008, 20 €

About Jean-Marc Scanreigh

He was born in Marrakech in 1950. He began working in 1973 in Strasbourg, his painting inspired by American minimalism and the French Avant-garde Support-Surfaces. Working in both sculpture and engraving led him to develop a style which finds echoes in the neo-figurative and neo-expressionist movements of the early 1980s.
In the 1990s, his work was characterised by the intensive use of mixed techniques, on canvas as well as on totemic compositions on salvaged wood. At this time, he also began to edit artist’s books and prints with texts, his «placards», created in collaboration with writers and poets.
The city library in Lyon, where he lived from 1983 to 2007 has been entrusted with his prints (1973-1988) as well as two publisher’s collections – Michel Chomarat in Lyon (books, original posters and hundreds of preliminary drawings) and Fata Morgana, based near Montpellier.
His work has been exhibited at the international art fair «Art/Basel» in 1984,1990,1998, at SAGA in Paris in 1988,1990,1991 and 1998, through the publishers Bucciali, Lacourière- Frélaut, René Tazé and Item Editions.
Over the last twelve years, Scanreigh has given numerous lectures on subjects such as Picasso, Marcel Duchamp, outsider art, illustration and caricature. He is the co-author, with Françoise Biver of prefaces (Museums of Belfort, La Roche-sur-Yon), of various texts and articles, including contributions to the arts magazine Artpress on subjects such as Willem, Henry Darger, Olivier O. Olivier, "graphzines". Since 2000, his painting has become increasingly graphic, more intense, with fewer collages and a renewal of interest in larger formats.
He has exhibited since 1973. He has worked in both Saint-Etienne and Besançon schools of art. He is currently working at l’école des Beaux-arts in Nîmes, where he has lived since 2007.

About Jacques Jouet

Jacques Jouet is a poet, novelist, playwright, and a writer of short stories and essays. He also works in radio and on the web where he is a regular contributor to his publisher P.O.L.’s site. He has been a member of Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle, founded by François Le Lionnais and Raymond Queneau), since 1983. His collaboration with Jean-Marc Scanreigh began in 1989 with a small illustrated supplement to the litterary review «Limon». From 1992 onwards and before embarking on this literary portrait of Jean-Marc Scanreigh, he had written fifteen or so texts for his « placards » (prints with texts) as well as his artist’s books. Under cover of literary pirouettes, Joouet surreptitiously scatters certain truths regarding the energetic communicative nature of the artist. Hundreds of reproductions indicate each step, each twist and turn of the creative process.

- page 1 de 6