
Novembre particulièrement lyonnais comme déjà dit. D'abord dans le 6e, à l'Antilope avec des œuvres sur papier, puis à la Croix-Rousse, à la galerie ArtScenik, avec des peintures. Un mélange de nouveautés et d'œuvres plus anciennes qui font comme un accéléré des transformations stylistiques de Scanreigh.
Que le spectateur remarque ou non les citations et les continuités du passé n'est pas essentiel. Le tableau-devinette comme on voit des paysages dans les vieux murs ou des visages dans les nuages n'est pas le propos. Avec le temps, Scanreigh cerne plus nettement les formes et facilite les identifications, mais plus le reconnaissable devient reconnaissable plus l'écart avec l'hypothèse réaliste devient dérangeant, oscille entre séduction et malaise.
Le dessin qui est à la base de tout s'est largement affranchi du travail de la gravure du début tout en gardant l'héritage ; c'est ce legs qui fait que la manière de styliser chez Scanreigh ne doit pas grand' chose aux codes de la caricature ou de la bande dessinée si présents dans les tendances actuelles du dessin et de la peinture. Dans la "scanreighisation" des formes, on reconnaît difficilement la fréquentation des maîtres anciens, et pourtant elle est bien là, même si l'art des musées est vu autant par les sommets que par les recoins de l'art dit mineur.
Les pérégrinations de Scanreigh l'ont fixé successivement à différents moments de l'histoire ; l'expressionnisme américain est loin, le maniérisme aussi ; les illustrateurs du 19e siècle n'ont pas fini d'agir (combien d'emprunts à J.J.Grandville triturés dans tous les sens !) ni Jasper Johns. Actuellement est agissant le néoclassicisme, vu par la lorgnette de la BD et sa ligne claire – et Picasso comme basse continue dans ce concert d'influences.
Il y aura à la galerie ArtScenik certaines des œuvres qui viennent de quitter les cimaises du Musée des Beaux-arts de Nîmes où elles côtoyaient cet été une superbe céramique de la Renaissance italienne.
Scanreigh à la Galerie ArtScenik
19 novembre - 5 décembre 2009
vernissage le mercredi 18 novembre à partir de 17 h
13 rue des Capucins, Croix-Rousse, 69001 Lyon
Du lundi au vendredi de 10 à 19 h ; le samedi de 11h à 18h.
Métro Hôtel de Ville ou Croix-Paquet
Parking Terreaux ou Louis Pradel Opéra
eh.ask@artscenik.com
Voilà une maison d'édition dont il faut parler. Elle existe depuis une demi-douzaine d'années et possède un beau catalogue. Son nom énigmatique rend hommage aux années folles, période de création artistique foisonnante. Les choix sont sans calcul, guidés par le goût et les affinités. Les ouvrages sont soignés et soucieux du détail (papier, typo, etc). 











Les PRESSES DU RÉEL publient des textes sur l'art de Philippe Lacoue-Labarthe avec une préface de Jean-Christophe Bailly. Je m'y retrouve à double titre pour un
Ce billet pour combler une lacune dans le catalogue de l'exposition "Bernard Lamarche-Vadel et les artistes", organisée par Sébastien Gökalp au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Pour abonder et illustrer ce qui se dit dans la presse et sur le net.
J'ai rencontré Bernard Lamarche-Vadel dans son appartement parisien en 1977. J'arrivais de Strasbourg avec mes toiles roulées sous le bras. Mon travail à l'époque s'y prêtait sans problèmes. Je me souviens d'un accueil où se mêlait la gentillesse et la distance pressée du dandy. Je ne me souviens plus précisément de la conversation. Il me montra, presque avec insistance, un tableau de Marc Devade tout juste endommagé par une circonstance que j'ai oubliée. Il regarda longuement mon travail et téléphona devant moi à la galerie Pilzer Rheims où j'ai a nouveau montré mes toiles. Il y avait là, je me souviens, Bettina Rheims d'avant sa carrière de photographe.
Bernard Lamarche Vadel me promit un texte qu'il écrivit pendant un voyage aérien vers le Japon. Il fut invité par l'association Art Aujourd'hui (où nous "fonctionnions" Françoise et moi) à faire une conférence à Strasbourg. C'était sur Manet. 



et puis Agio chez Voix-éditions de l'increvable 
Voilà où mènent les choses par recoupement de relations diverses et variées : à voir figurer mes dessins dans la jeune galerie de Patrick Chaurin : 






Ces sculptures aux formes allusives, que la plupart du temps j'étais le seul à voir, m'aidaient à modifier mes tableaux aux effets froissés. C'était un peu comme une bagarre entre deux démarches, pendant un temps. Ces sculptures ont été pour moi comme du dessin en espace. Elles jouent sur les silhouettes d'objets et comportent beaucoup d'éléments filiformes et très peu d'effets massifs. De tous les objets utilisés, les plus originaux et les plus séduisants étaient des tiges en verre qui servaient à l'industrie de la passementerie. 


Je n'ai jamais perdu de vue Richard Meier. Lui comme moi avons eu tendance à migrer vers le Sud. Au mois de mai dernier, nous trinquions ensemble sur le sable des arènes de Nîmes à l'occasion d'une exposition Viallat. Françoise et moi étions alors en pleine exhumation de photos pour la monographie en cours de préparation … et nous en avons trouvé une de lui, prise lors d'une exposition à Metz en 1978, son ancien fief.
C'est "7.7.7". Le titre est approximativement, et non sans raison, luciferien. C'est une date, 07.07.07 sans ses zéros, banalement celle d'un dessin de la boîte. C'est aussi la date fétiche des couples qui se marient l'été. Sauf que. L'histoire de couple qu'imagine Régine pour mes dessins est noire comme l'encre !
C'est aussi le rôle d'un éditeur de susciter des rencontres entre artistes. Je suis reconnaissant à Fata Morgana de m'avoir fait rencontrer il y a quelques mois